sábado, 5 de janeiro de 2008

Critiqué à gauche, le gouvernement défend l'évaluation des ministres

O deputado Pierre Moscovici, não achou graça

Premier conseil des ministres du gouvernement Fillon, le 18 mai 2007 à l'Elysée, à Paris. | AFP/PATRICK KOVARIK
AFP/PATRICK KOVARIK
Premier conseil des ministres du gouvernement Fillon, le 18 mai 2007 à l'Elysée, à Paris.



Le député socialiste Pierre Moscovici a qualifié, vendredi 4 janvier, de "gadget dangereux qui porte atteinte à la responsabilité du gouvernement devant le Parlement" l'initiative de MM. Fillon et Sarkozy d'évaluer chacun des quinze ministres sur la base de trente indicateurs trimestriels (Le Monde du 4 janvier). "Tout ça, que j'ai trouvé très malsain, illustre bien qu'on est dans une mauvaise logique managériale", a-t-il déclaré sur RMC. L'eurodéputé PS Benoît Hamon a pour sa part jugé "pitoyable" le système d'évaluation des ministres, estimant que "le meilleur baromètre" de leur action demeurait les élections.


Amnesty International estime que la prise en compte du nombre des reconduites à la frontière dans les critères d'évaluation de Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, "accroît les risques pour les demandeurs d'asile (...) exposés à un renvoi vers des pays où certains risquent leur vie, leur sécurité ou leur liberté".

"CULTURE DES RÉSULTATS"

A l'UMP, la porte-parole Nadine Morano a affirmé vendredi que le système d'évaluation constituait une "modernisation de la vie politique". "Au-delà de la notation des ministres, des personnes elles-mêmes, c'est d'abord l'analyse des politiques publiques que nous menons, c'est une modernisation de la vie politique", a-t-elle déclaré sur France 3. Parlant de "culture des résultats", la députée a estimé que "c'est une méthode qui s'inscrit en droite ligne de ce qu'a initié le président de la République lorsqu'il était lui-même ministre de l'intérieur". "Il est normal que nous rendions des comptes au-delà des échéances électorales", a-t-elle ajouté.

François Fillon a assuré vendredi, depuis Basse-Terre (Guadeloupe), que l'évaluation du travail des membres du gouvernement n'avait "rien à voir" avec un éventuel remaniement. "Il ne s'agit évidemment pas de noter les ministres, on n'est pas à l'école, il s'agit d'évaluer les politiques pour, le cas échéant, redresser la situation quand un engagement n'est pas tenu", a expliqué le premier ministre.

Les entretiens prévus à Matignon avec chaque ministre serviront, selon lui, à identifier des "blocages" éventuels, voire à "apporter aux ministres des instruments, des outils pour les aider à réaliser leurs objectifs". Les ministres les moins performants au regard des évaluations risquent-ils d'être limogés ? "Rien à voir, vraiment rien à voir (...). Les ministres n'ont aucune inquiétude à avoir s'agissant de la mise en oeuvre de cette évaluation", a-t-il promis.

Christophe Jakubyszyn - Le Monde

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