"La rénovation de la gauche a toujours été reportée pour des impératifs électoraux"
Chat avec Jean-Christophe Cambadélis
AFP/JEAN AYISSI
Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis,
candidat à sa réélection dans la 20e circonscription de Paris.
Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis,
candidat à sa réélection dans la 20e circonscription de Paris.

LEMONDE.FR | 30.05.07 | 12h26 • Mis à jour le 04.06.07 | 17h03
L'intégralité du débat avec Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, lundi 04 juin 2007
Annie : "Refondation", oui, mais avec qui et pourquoi ? Si cela est la même chose qu'avec les adhérents à 20 euros de cette année, je quitte le parti. Amitiés à toi !
Jean-Christophe Cambadélis : Commençons par le pourquoi. La gauche a vu son logiciel politique défait par trois fois lors des présidentielles, ce qui pose quand même un problème. Comment rendre majoritaires nos principes d'égalité, de liberté et de fraternité?
Si nous continuons à estimer, d'une part, que la lutte de classes n'a pas changé, qu'il faut défendre le capitalisme industriel contre le capitalisme financier, que l'on laisse la liberté au marché, que l'on évite de poser le problème de l'individualisme contemporain, si nous ne sommes plus capables de protéger et de promouvoir dans la mondialisation, évidemment, le socialisme est évanescent et nos électeurs s'en remettront à un populisme libéral qui semble leur dire : je vous ai compris, il faut de l'énergie pour libérer le marché et vous permettre de mieux vivre.
Une fois que nous aurons refondé ce que doit être la gauche à l'époque de la mondialisation, nous pourrons regarder qui veut construire avec nous cette majorité nouvelle.
marito : Pourquoi l'adoption de la social-démocratie constituerait-elle le meilleur cadre idéologique pour la refondation du Parti socialiste ?
Jean-Christophe Cambadélis : Le thème de la social-démocratie est une rupture avec l'idéologie dominante à gauche. Cette dernière estime toujours que la rupture avec le système capitaliste est peu ou prou l'avenir du socialisme.
Pourtant, une fois au pouvoir, la gauche, dans le meilleur des cas, améliore les conditions d'existence, élève le niveau de vie, étend les libertés, promotionne l'éducation, redistribue autant que possible, mais il n'y a pas de "grand soir" ni de rupture rampante.
La social-démocratie, ce n'est évidemment pas, pour des raisons historiques et politiques, celle de l'Angleterre, de l'Allemagne, voire de l'Europe du Nord. C'est un présupposé autour de deux idées : le social ne peut être opposé à l'économie - sous-entendu : on ne peut redistribuer ce que l'on n'a pas produit - et la démocratie est un impératif à l'époque du tout-médias... C'est-à-dire la démocratie dans tous les secteurs de la vie, dans l'entreprise, dans la maîtrise de la modernité, dans la capacité du citoyen à contrôler l'espace public, et évidemment aussi, sur le plan social et des institutions. Suite...
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