sábado, 10 de novembro de 2007

Le sexe faible, jusqu'à quand?, par Annie Kahn


Même en Suède, les femmes gagnent près de 40 % de moins que les hommes pour des fonctions équivalentes. Ce pays est pourtant le moins sexiste du monde, selon un classement sur l'inégalité entre les sexes publié jeudi 8 novembre, par le World Economic Forum, organisateur du forum de Davos (Suisse).

Ce palmarès prend en compte 14 critères concernant le travail (salaire ou poste occupé dans l'entreprise), l'éducation, la santé et la politique. Quatre pays nordiques se placent en tête : après la Suède, la Norvège, la Finlande et l'Islande occupent les premières places du classement. Le Yémen ferme la marche de ce palmarès, qui analyse la situation dans 128 pays.

Un seul pays du sud de l'Europe figure parmi les 20 premiers. Il s'agit de l'Espagne, qui obtient un très bon score général (10e) grâce à la représentation des femmes dans la vie politique : plus du tiers des parlementaires sont des femmes, et la moitié des ministres. En revanche l'Italie est reléguée au 84e rang.

La France, 51e, est "en progrès considérable", écrivent les auteurs du rapport, à l'instar de maîtres soucieux de ne pas trop démoraliser un élève en difficulté. Il est vrai qu'en 2006 la France figurait au 70e rang. Le bond est donc spectaculaire, même s'il est essentiellement dû à la disponibilité de nouvelles données concernant l'accession des femmes à des emplois qualifiés.

L'implication des femmes françaises dans la vie politique plombe la moyenne générale du pays. Mesurée par le nombre de femmes élues ou au gouvernement, elle est jugée déplorable, avec une note de l'ordre de 1 sur 10.

Les scores de la France dans le domaine de l'éducation (10 sur 10 et donc 1re ex aequo) et dans celui de la santé (1re ex aequo aussi) ne suffisent pas à éviter un classement globalement médiocre.

Comme dans de nombreux autres pays, les femmes sont, en France, plus nombreuses que les hommes à suivre des études supérieures. Ce qui n'empêche pas un écart de salaires du même ordre de grandeur qu'en Suède. Le constat est le même aux Etats-Unis (31es du classement), au Royaume-Uni (11e), ou en Allemagne (7e).

D'autres enquêtes récentes montrent que l'écart subsiste chez les plus jeunes. En France, les diplômées d'une grande école en 2006 gagnent environ 10 % de moins que leurs homologues masculins, dès la sortie de l'école, selon l'étude de la Conférence des grandes écoles. Aux Etats-Unis, Andrew Beveridge, professeur américain de sociologie, aboutit à la même conclusion pour les jeunes Américaines ayant entre 20 et 30 ans.

Pourtant, les femmes américaines créent plus d'entreprises, et celles qu'elles dirigent croissent en moyenne plus vite que les autres.

Annie Kahn

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