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quinta-feira, 10 de janeiro de 2008

Lider do Partido Socialista francês ataca o narcisismo de Sarkozy

François Hollande tire à boulets rouges sur "le président moi je"

LE MONDE

François Hollande lors de ses vœux à la presse le 10 janvier 2008. | AFP/PATRICK KOVARIK
AFP/PATRICK KOVARIK

François Hollande lors de ses vœux à la presse le 10 janvier 2008.


Lors de ses vœux à la presse, jeudi 10 janvier, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a vivement raillé "le président 'moi je'" Nicolas Sarkozy, décrit comme un chef de l'Etat "m'as-tu-vu" menant une politique du "coup d'éclat permanent". A deux mois des élections municipales, le chef des socialistes a dénoncé la "posture personnelle" du président, qu'il accuse de vouloir "changer la Constitution pour s'inviter en permanence à l'Assemblée nationale et au Sénat".Deux jours après la conférence de presse de rentrée du chef de l'Etat, François Hollande a estimé que la France était entrée dans le "régime du verbe", sans avancées concrètes pour les Français. "Il nous fait l'aveu : les caisses sont vides. Qui a donc vidé les caisses depuis huit mois et peut-être davantage si ce n'est une majorité qui a voté 15 milliards de cadeaux fiscaux et d'exonérations de cotisations sociales ?, s'est-il interrogé. Il nous dit qu'il veut aller chercher la croissance avec les dents. Je ne sais pas combien il lui en reste."


Le premier secrétaire du Parti socialiste a également réaffirmé que Nicolas Sarkozy voulait bel et bien "la fin de la durée légale du travail", malgré les dénégations du chef de l'Etat. "La lettre de François Fillon aux partenaires sociaux, explique-t-il, ouvre bien la possibilité d'accords dérogatoires non pas pour des assouplissements des 35 heures mais pour le seuil de déclenchement des heures supplémentaires."

LE SARKOZYSME, "UN NARCISSISME COMPASSIONNEL"

"Face au tout-pouvoir" du chef de l'Etat, M. Hollande veut en 2008 "faire du Parti socialiste un contre-pouvoir (...) au service des Français (...). Le Parti socialiste doit être le premier parti de France à l'occasion" des scrutins des 9 et 16 mars en pourcentage et en nombre de collectivités locales remportées. Il a invoqué "la liberté de conscience", à propos de la ratification du traité de Lisbonne, pour permettre à ceux des parlementaires de gauche qui n'approuveraient pas la position majoritaire de décider par eux-mêmes de leur attitude. "Le mieux, c'est de ne pas participer au vote" pour exprimer le désaccord avec le choix de la voie parlementaire pour faire ratifier le traité.

Le député de Corrèze a également demandé au président de la République de "clore définitivement le débat sur la remise en cause de cette grande loi républicaine" qu'est la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Le chef de l'Etat avait soulevé une polémique en appelant à une "laïcité positive" et défendant les "racines chrétiennes" de la France, dans un discours prononcé le 20 décembre dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran à Rome. Selon François Hollande, "quand Nicolas Sarkozy dit qu'un homme qui croit, c'est un homme qui espère (...), c'est laisser penser que pour être de bons citoyens, il faut être d'abord des croyants".

Evoquant enfin l'exposition inédite de la relation du chef de l'Etat avec l'ex-top-modèle Carla Bruni, François Hollande a martelé que "le sarkozysme n'est pas une doctrine, c'est un narcissisme compassionnel" qui réduit tous les citoyens et observateurs de la vie publique au rôle de "voyeurs".

segunda-feira, 7 de janeiro de 2008

França: Le PS milite pour des primaires à l'italienne

Les socialistes rêvent de voir leur candidat pour 2012 désigné par toute la gauche, même si les modalités restent à préciser.

Le congrès d'investiture de Ségolène Royal en novembre 2006 (Benoît Tessier/Reuters)

Si la bataille pour la direction du parti polarise actuellement l'attention dans le microcosme socialiste, un autre sujet agite parallèlement le PS: la désignation du candidat pour l'élection présidentielle de 2012. Moins en termes de personnes -une question permanente- qu'en termes de méthode. Et de ce point de vue, la tendance est à l'organisation de primaires à l'italienne.

L'un des principaux partisans de ces primaires n'est autre que Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste à la course à l'Elysée s'est prononcée clairement en faveur de ce mode de désignation en novembre, au micro de France Inter. Selon elle, il est "indispensable" de mettre en oeuvre ce "formidable mouvement de rassemblement et de dynamisme":



L'Italie et Walter Veltroni sont donc aujourd'hui pris en exemple par le Parti socialiste. Le maire de Rome a été désigné le 14 octobre dernier à la tête du nouveau Parti démocrate, grande formation de centre-gauche, par plus de trois millions de sympathisants, des citoyens pas obligatoirement encartés. Plus de 11 000 bureaux de vote avaient été ouverts pour l'occasion.

Les primaires à gauche avaient été expérimentées pour la première fois en Italie à l'automne 2005. Un an après avoir quitté la tête de la Commission européenne, Romano Prodi était élu leader de l'Unione, coalition de onze partis (communistes, catholiques, écologistes et centristes). En avril 2006, l'Unione remportait les élections législatives et mettait fin à cinq années de gouvernance berlusconienne.

Premier essai manqué de la gauche antilibérale en 2006

Abondamment citées par la suite, ces primaires italiennes n'avaient pas réussi à être transposées en France. La gauche antilibérale avait pourtant tenté de s'accorder dès mai 2006 sur une candidature commune, mais de débats houleux en réunions aux résultats contestés, la tentative avait échoué. A l'arrivée, les antilibéraux s'étaient lancés dans la campagne présidentielle en ordre dispersé, chacun des trois candidats finalement présents (José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet) refusant de céder sa place.

De son côté, le Parti socialiste avait opté pour des débats internes entre les trois prétendants en lice: Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Six débats: trois télévisés, trois interdits aux caméras et micros. Désignée par plus de 60% des militants le 16 novembre 2006, la présidente de la région Poitou-Charentes avait, après sa défaite à la présidentielle, regretté la méthode, considérant que la droite s'était ensuite servie des attaques portées à son encontre par ses concurrents socialistes.

D'où l'initiative récente de deux courants socialistes: changer la méthode pour sortir du piège de la désignation à la prochaine présidentielle. Rénover maintenant, d'Arnaud Montebourg, et Socialisme et démocratie, de Dominique Strauss-Kahn, ont adopté le 14 décembre dernier un texte commun appelant à des primaires au sein de toute la gauche:

"Il faut organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes, pour donner au candidat désigné une pleine légitimité. Cela donne deux avantages: d’une part, associer notre électorat à la décision en le rendant parti prenante; d’autre part, associer les autres partis à ce processus, en leur donnant la possibilité d’établir leur influence et de participer ensuite à une dynamique politique."

Quelle définition des frontières de la gauche?

Les défenseurs de ce texte, baptisé "Pour la rénovation", cherchent désormais à rallier le maximum de sensibilités différentes. Mais, en plus de la question de savoir si cette coalition devra ou non déboucher sur la création d'un grand parti, un autre point d'achoppement persiste: la définition des frontières de la gauche appelée à débattre lors de ces primaires.

Lui aussi partisan d'un tel mode de désignation, Julien Dray, soutien de Ségolène Royal durant la présidentielle, rêve d'une "coalition arc-en-ciel" allant d'Olivier Besancenot à François Bayrou. Une poussée à droite qu'est loin d'approuver Benoît Hamon, nouvelle tête de proue de l'aile gauche du PS. Invité vendredi de LCI, le député européen s'est dit favorable aux primaires à l'Italienne mais a également dit ne pas croire "à cette stratégie qui pense que la meilleure manière pour la gauche de reconquérir le pouvoir c'est d'abord de droitiser son projet et ensuite de s'allier avec le centre":



Pour dépasser la question des alliances entre partis, les candidats devraient se présenter sur la base d'une plate-forme programmatique commune établie en amont, de manière à attirer le vote de sympathisants dont la formation politique d'origine ne serait pas partie prenante au rassemblement de la gauche. En clair, un moyen de séduire les électeurs d'Olivier Besancenot ou de François Bayrou, même si ces derniers -pour l'instant muets sur le sujet- n'entendaient pas participer aux primaires.

Des primaires qui pourraient être organisées aux alentours de l'été 2011. Chaque sympathisant souhaitant y prendre part devrait au préalable s'acquitter de quelques euros de frais d'inscription. Le PS table sur la participation d'un million de personnes. A l'automne 2005, en Italie, les organisateurs attendaient 500 000 votants, il y en eût près de quatre millions.

quarta-feira, 5 de dezembro de 2007

Ségolène Royal, une femme politique pas comme les hommes

'Ma plus belle histoire, c'est vous' (Grasset)

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd'hui le livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, c’est vous" (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu'elle aussi était une femme qui avait souffert?

Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d'une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.

La force

Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d'honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate.

Elle a "hésité longuement à parler" d'un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d'ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne.

La vie politique -"Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c'est le bon jour, il va basculer vers moi. (...) Et ce jour n'est jamais venu."- se mêle à la vie privée -"une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë".

L'humeur est également aux règlements de compte: "Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n'était pas une bonne idée." Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d'espoir, de 2012... et de sa condition de femme:

"Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d'un compagnon amoureux, à fond avec la candidate."

En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans "Une élection imperdable" (L'Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings ("Et pourtant je ne lévite pas", ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui "un procureur impitoyable".

Elle pense aussi avoir été rejetée "comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes".

Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:

"D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force."

Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l'implosion du PS pour mieux le reconstruire.

L’humour

"J’étais sorcière, tu me voulais câline." Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti.

"Ma plus belle histoire, c’est vous" est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:

"Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer."

L'identification

"Depuis le 6 mai 2007, j'y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?" Ségolène Royal est une femme et s'interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n'y échappe. Aucun fait de campagne n'est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l'appréciation des (é)lecteurs.

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l'une des cinq parties de l'ouvrage. Au titre évocateur: "L'autre moitié du ciel: candidate mais femme." Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: "Etre une femme candidate, c'est pas si facile..."

Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples "écarts de langage" pour mieux souligner leur gravité:

"Qui va garder les enfants?"
"Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel"
La présidentielle "n'est pas un concours de beauté"...
... ou "une question de mensurations"

Elle revient sans cesse à la charge: "Je le maintiens: le fait d'être une femme, ça a compté." Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux "caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré". A toutes les "travailleuses pauvres": "Sur 8,4 millions de salariés qui n'atteignent pas le smic, 80% sont des femmes."

Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s'empêcher de penser:

"L'ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?"

Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit:

"Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne."

On est, nous aussi, en droit de s'interroger: quelles n'auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: "Comme une amoureuse qui craint un manque de libido"?

L'objectif

"Dis, quand reviendras-tu?", chantait la dame en noir. L'ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012.

C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où "le jour se lève encore".

Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la "bravitude"), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne.

Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu'elle a souffert pour l'écrire, qu'elle tenait à l'écrire.

Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de... Barbara:

"Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose..."

Hubert Artus et Julien Martin

"Ma plus belle histoire, c’est vous" de Ségolène Royal, Grasset, 335 pages, 19,50 euros.

Les histoires d'amour finissent mal en générale...


François Hollande reproche à Ségolène Royal d'"imputer aux autres une responsabilité" dans la défaite de mai

Le Monde

François Hollande, invité mercredi 5 décembre à commenter le livre de Ségolène Royal, a estimé qu'il "ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité" dans la défaite à l'élection présidentielle. "Il faut regarder, selon le rôle et la place qu'on a occupés, ce qu'on aurait pu faire de mieux", a ajouté le premier secrétaire du PS devant l'Association des journalistes parlementaires, tout en estimant que '"s'il y a une leçon à tirer pour l'avenir, c'est ce devoir de cohérence idéologique, programmatique et de cohésion humaine et personnelle".

Le député-maire de Tulle a aussi critiqué l'initiative, qui a tourné court, de la candidate du PS de rencontrer François Bayrou chez lui entre les deux tours de l'élection présidentielle."On n'improvise pas une stratégie d'alliance dans une élection, on la prépare et on la construit avant, a-t-il lancé. François Bayrou, et c'est encore vrai aujourd'hui, n'est pas dans la démarche de vouloir négocier un contrat (...), il s'inscrit dans une démarche présidentielle, c'est un concurrent, ce n'est pas un partenaire."

"LE PS NE FAIT PAS LA MENDICITÉ"

Selon M. Hollande, "nos alliés doivent d'abord être ceux qui partagent notre projet et s'il faut s'ouvrir, ça ne peut se faire que dans la clarté". "Les socialistes doivent être eux-mêmes (...) sûrs de leur ligne, le réformisme assumé." "Du côté de la radicalité, l'extrême gauche, Besancenot [LCR] ne veut pas travailler avec nous. C'est bien son droit (...). Je constate que Bayrou ne veut pas travailler avec le PS. C'est bien son droit (...), j'en prends acte", a-t-il ajouté, alors que son ancienne compagne avait appelé, ces derniers jours, à"prendre ce qu'il y a de plus utile dans chaque courant", citant les leaders de la LCR et du MoDem et la possibilité de "coalitions". François Hollande a lui martelé que "le PS ne doit pas être en position de quémandeur, il ne fait pas la mendicité".

A-t-il appris quelque chose dans le livre de l'ex-candidate sorti mardi ?"On apprend toujours quelque chose dans les livres, c'est pour ça que les bibliothèques sont bien garnies", a-t-il répondu.

terça-feira, 4 de dezembro de 2007

73% de parisienses aprovam o prefeito de Paris, Bertrand Delanoë

73% des Parisiens

C'est le nombre de Parisiens qui s'estiment satisfaits de la politique de Bertrand Delanoë en tant que maire.

A quelques mois des élections municipales, un sondage CSA révèle que la côte de Bertrand Delanoë est en hausse (+8 points par rapport à janvier 2006)

Bertrand Delanoë est candidat à sa propre succession. (photo d'archives)|© Stephane Reix/For Picture/Corbis/Stephane Reix
Bertrand Delanoë est candidat à sa propre succession. (photo d'archives)
© Stephane Reix/For Picture/Corbis/Stephane Reix


Le duel
Alors que le maire de Paris recueille 77% d'opinions favorables auprès des Parisiens, son adversaire UMP Françoise de Panafieu en est à 44% d'opinions favorables.
Les armes de campagne sont affûtées, à vos vidéos... prêts... grimpez dans les sondages!
Par La rédaction du Post

sexta-feira, 19 de outubro de 2007

France: Le Parti socialiste "se félicite de la réussite dela grève"

Le Monde

15 h 09 : le Parti socialiste "se félicite de la réussite de la grève"
Le PS "se félicite de la réussite" de la journée de grève du jeudi 18 octobre contre les régimes spéciaux de retraite, a déclaré vendredi, Benoît Hamon. Pour l'eurodéputé socialiste, "ce qui commence avec les régimes spéciaux se poursuivra par le démantèlement de l'ensemble du système des retraites par répartition". "A ce titre, c'est une journée d'alerte utile", a-t-il poursuivi. "Le seul divorce que nous constatons désormais est celui de Nicolas Sarkozy avec les salariés qui ont bien compris que derrière cette volonté de prétendue réforme des régimes spéciaux, il y a surtout une volonté de démanteler les principes de solidarité qui régissent les systèmes de retraite", a estimé M. Hamon.

13 h 35 : la SNCF et la RATP garantissent l'acheminement des supporters de rugby

La direction de la SNCF a donné sa "garantie d'acheminement" aux spectateurs de la finale de la Coupe du monde de rugby samedi 20 octobre. Le match qui opposera l'Angleterre à l'Afrique du Sud se déroulera au Stade de France, à Saint-Denis. L'engagement de la SNCF, formulé par son directeur général exécutif, Guillaume Pepy, concerne les Eurostar, utilisés par les supporteurs anglais arrivant de Londres à la gare du Nord, et les Transilien, c'est-à-dire les trains d'Ile-de-France, principalement le RER D, qui dessert le Stade de France.
Malgré les grèves qui perturbaient encore ce matin le trafic ferroviaire, la RATP a également annoncé qu'elle assurerait "normalement" la desserte du Parc des Princes pour que les amateurs de rugby puissent assister à la "petite finale" France-Argentine, qui a lieu ce vendredi soir 19 octobre.

13 h 30 : grève reconduite jusqu'à samedi à Marseille

Les cheminots FO et SUD-Rail, réunis vendredi en assemblées générales à Marseille, ont voté la reconduction de la grève jusqu'à samedi, 20 heures, ont indiqué les deux syndicats. La poursuite du mouvement a été votée par cinquante personnes à la gare Saint-Charles et par soixante-deux personnes au dépôt de Marseille-Blancarde. A Toulon, les grévistes ont décidé de ne pas appeler à une reconduite de la grève samedi, a-t-on ajouté de même source.

12 heures : reprise du trafic à la SNCF, perturbations à la RATP
Le trafic Eurostar est "normal", celui des Thalys était assuré à 60 %, et les TGV vers les villes de province au départ de Paris n'étaient assurés qu'à 35 %. En régions, un TER sur trois circulait, tout comme en Ile-de-France pour le Transilien, selon la direction. A la RATP, la circulation vers 13 heures restait perturbée dans le métro avec une rame sur deux en moyenne sur plusieurs lignes, et deux bus sur trois. Mais les RER A et B, qui transportent quotidiennement 1,7 million de passagers dans toute l'Ile-de-France, n'ont "pas démarré".

11 h 47 : pour Henri Guaino, c'est Xavier Bertrand qui "est en première ligne"
Le conseiller spécial du président de la République, Henri Guaino, estime que le premier ministre, François Fillon, avait "toute sa place" dans la conduite de la réforme des retraites, mais que c'est le ministre du travail Xavier Bertrand "qui est en première ligne". "François Fillon est le premier pendant la campagne électorale à avoir parlé de la réforme des régimes spéciaux. Il a toute sa place dans ce dispositif et il l'occupe très bien. Simplement, celui qui est en première ligne, c'est le ministre des affaires sociales. C'est normal", a déclaré M. Guaino sur Canal+.

11 h 43 : l'allongement de la durée de cotisation n'est pas négociable, pour François Fillon
L'allongement à quarante ans de la durée de cotisation pour les régimes spéciaux de retraite "n'est pas négociable", a déclaré François Fillon, qui souligne toutefois que "le gouvernement est ouvert au dialogue". "Nous allons rénover notre contrat social et dans cette perspective, la réforme des régimes spéciaux de retraite sera menée à bien", a réaffirmé le premier ministre lors d'un discours à l'occasion d'un déplacement à Nîmes, dans le Gard.

9 h 40 : la CGT-Cheminots demande des comptes sur l'accord avec la Fgaac
Le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, va "demander des comptes à la direction de la SNCF" sur les "discussions en coulisse" menées avec le syndicat autonome des conducteurs au soir de la grève contre les régimes spéciaux. La Fgaac (agents de conduite autonomes), qui avait appelé à reconduire vendredi la grève à la SNCF, a annoncé jeudi soir dans un communiqué "suspendre le mouvement" après avoir obtenu "des réponses" de la direction de l'entreprise nationale.

9 h 36 : une femme roulant à Vélib' est morte jeudi soir
Une femme d'une soixantaine d'années circulant à Vélib' est morte jeudi soir à la suite d'un accident avec un camion, a fait savoir, vendredi, la société JC Decaux, qui gère le système de vélos en libre-service à Paris. Il s'agit du premier accident mortel d'un Vélib', depuis le lancement du dispositif le 15 juillet. La cycliste a été renversée par un camion dans le 12e arrondissement, à l'angle du boulevard Morland et du boulevard de la Bastille. Elle est morte plus tard des suites de ses blessures.

9 h 36 : 233 km de bouchons en Ile-de-France
Le trafic routier est en proie à une congestion générale à 9 heures en Ile-de-France, avec des bouchons sur la plupart des axes conduisant vers la capitale, indique le Centre national d'information routière (CNIR). A 9 heures, 233 km de bouchons étaient comptabilisés, contre 108 en moyenne à la même heure d'ordinaire, souligne le CNIR, selon lequel "il y a des bouchons un peu partout et on ne circule pas". On relève des blocages par exemple sur l'A4 entre Marne-la-Vallée et la porte de Bercy, sur l'A104 (extérieur) aux abords de Roissy, sur l'A3 entre Garonor et la porte de Bagnolet, ainsi que sur l'A6 en direction de Paris. La circulation est particulièrement difficile au centre de Paris. En province, la situation du trafic aux abords des grandes métropoles est en général normale.

quarta-feira, 17 de outubro de 2007

Sarkozy, Ever Blunt, Confounds Both Friend and Foe

PARIS, Oct. 16 — Last month the town council of Sannat, a village of 380 people in the dead center of France, became so fed up with President Nicolas Sarkozy that it decided not to hang his official portrait in the town hall.


Pool photo by Sergei Grits

Doubt is rising in President Nicolas Sarkozy’s government and his own party about the direction of his programs.

Calling the act “a bit rebellious,” Henri Sauthon, the 81-year-old mayor, explained that the council disapproved of what he called Mr. Sarkozy’s imperial and egotistical style. “Our decision is irrevocable,” he said. “I have nothing more to say.”

Granted, Mr. Sauthon calls himself a man of the left, and his village voted Socialist in the election that swept Mr. Sarkozy, a conservative, to power in May.

But five months into Mr. Sarkozy’s presidency, a sense of unease and discontent is surfacing — not just among his opponents but within the corridors of the government and Mr. Sarkozy’s Union for a Popular Movement, the governing party.

The 52-year-old president has offered a flood of political and economic initiatives aimed at changing the way things are done in France, raising questions along the way of whether a coherent strategy was behind them.

He has incurred the wrath of loyalists in his conservative camp by giving high-level jobs to people on the left. He has ruffled some of his own ministers by contradicting them in public.

On Thursday, he will face the first test of whether his know-it-all, do-it-all approach is working: a national one-day strike opposing his pension reform initiative, which envisions an end to special pension privileges for more than half a million public workers that cost nearly $7 billion a year.

Unions of the state-owned rail company, the Paris Métro service and the power utilities have said they will stay home. Postal and employment office workers are expected to join in, as will some smaller Air France unions.

The Paris Opera has canceled its Thursday performance of “La Traviata,” and the Comédie Française has done the same with Molière’s “Imaginary Invalid.”

In 1995, an attempt to eliminate the pension privileges was abandoned after three weeks of crippling strikes and mass protests. This time Bernard Thibault, the leader of France’s oldest and most powerful union, is poised to negotiate, saying he does not want a lengthy walkout.

Meanwhile, Mr. Sarkozy, who campaigned on a pledge to get the country to “work more to earn more,” is gambling that the public will support him. “I was elected precisely to confront difficult issues,” he said last week.

“He knows that there is a great desire for change among the people,” Claude Guéant, Mr. Sarkozy’s chief of staff and closest adviser, said. “He said this throughout the campaign, and that seduced public opinion. Today he is doing what he said he was going to do, and I believe that will continue to seduce.”

But seduction may not be enough to transform the country.

France is the biggest public spender, relative to its gross domestic product, in the European Union. The 2008 budget, with a deficit of nearly $59 billion, is based on a growth rate that even the government’s own statistical arm calls much too optimistic.

The economy is in such bad shape, Prime Minister François Fillon said last month, that the French state is “bankrupt” — a term that aides at the Élysée Palace quickly branded unfortunate.

“The real problem of Nicolas Sarkozy is not that he wants to change things — the country elected him to change things — but that the economy is in such bad shape,” said Manuel Valls, a Socialist and the mayor of Évry. “He is not an economic liberal like Thatcher, or a Reagan, but remains a Gaullist at heart. The strategy he has chosen doesn’t support economic growth.”

But Mr. Sarkozy is not one to accept criticism or negative thinking. Showered with nicknames like “hyperpresident” and “Czarkozy,” he has annoyed some of his ministers by relying heavily on a kitchen cabinet of close advisers and publicly putting his ministers in their place as he deems necessary.

In August he referred to himself as “the boss” and to Mr. Fillon (who as prime minister is the head of government) as a “collaborator,” using a term suggesting “aide.” Mr. Fillon reacted harshly, saying, “This is not a term that I would have used.”

Making amends in a television interview, Mr. Sarkozy praised Mr. Fillon’s work as “perfectly remarkable,” adding that the two of them are “interchangeable.”

After campaigning on a platform aimed at wooing voters from the extreme-right National Front, Mr. Sarkozy has tacked to the left to avoid the impression that reform will be too painful.

The government has been forced to cover nearly $13 billion in tax cuts passed by Parliament over the summer, for example.

When Finance Minister Christine Lagarde announced that the 2008 budget reflected a policy of “rigor,” she was quickly criticized by Mr. Guéant. When Mr. Fillon said that a civil service reform initiative was “ready to go,” Mr. Sarkozy suggested that he had spoken too soon.

Mr. Sarkozy’s 2008 budget has been criticized for not reducing either public spending or public borrowing, and for failing to curb the deficit.

“Without great coherence or real ambition, this plan seems above all to symbolize the hesitations of the government,” Le Monde editorialized.

Other reforms have been more modest than predicted. Mr. Sarkozy had harshly criticized the law mandating a 35-hour workweek, but instead of abolishing it — a politically unacceptable step — he pushed through a measure making it less expensive for employers to pay overtime.

Pledging during his campaign to eliminate one of every two civil servant jobs that came open with retirement, he has scaled back the initiative to one in three.

Meanwhile, his plan to continue a policy of political “opening” that brings prominent figures on the left into government or into high-profile commissions has infuriated politicians in his party.

"If you put too much salt or pepper on a dish, it becomes inedible," said Nadine Morano, a Union for a Popular Movement deputy in Parliament.

In the Senate, the president of the U.M.P. group, Josselin de Rohan, quoted de Gaulle as saying, “Above all, the adversary is the adversary,” then added: “The adversary is known. It’s called the Socialist Party.”

Mr. Sarkozy dismisses his critics, saying, "I don’t want clones.”

Paradoxically, the left has become so weak that Dominique de Villepin, the former prime minister who hails from Mr. Sarkozy’s party, has begun to emerge as perhaps the most outspoken leader of France’s opposition.

In particular, he has faulted Mr. Sarkozy for moving on all fronts simultaneously.

“The president has the confidence of the people, but he seems to believe you can reform the country by putting all the subjects of reform on the table at the same time,” Mr. de Villepin said. “There has to be logic and very vigorous debate. But nobody dares to tell the president the truth or that he is wrong.”

segunda-feira, 15 de outubro de 2007

Acabou o casamento com Sarkozy e a lua de mel durou pouco: Quinta-feira de greve no transporte francês

Des passagers sur un quai de la gare du Nord, à Paris, lors d'une grève à la SNCF en 2005. Le grève prévue jeudi 18 octobre sera "énorme" aux dires des syndicats | AFP/JACK GUEZ

AFP/JACK GUEZ
Des passagers sur un quai de la gare du Nord, à Paris,
lors d'une grève à la SNCF en 2005.
Le grève prévue jeudi 18 octobre sera "énorme" aux dires des syndicats


Matignon s'attend à une semaine sociale difficile et à un jeudi noir

Le Monde

Si cette journée d'action concerne d'abord la défense des régimes spéciaux de retraite, les syndicats ont voulu éviter le piège d'une mobilisation centrée sur la défense des acquis de certaines catégories de salariés. Derrière l'attaque contre les régimes spéciaux, expliquent notamment Solidaires, la CGT ou FO, la réforme du régime général des retraites avec l'allongement programmé de la durée de cotisations pour tous se profile.

Un argument résumé par le secrétaire général de la CGT cheminots, Didier Le Reste, dans le Journal du dimanche (14 octobre) : "Il y a aujourd'hui une communauté d'intérêts entre ceux qui défendent les régimes spéciaux et ceux qui refusent une nouvelle remise en cause du régime général", programmée, selon lui, après les municipales.

Tous les syndicats ne partagent pas ce point de vue. Si le cheminot et secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, marchera en tête d'un cortège, jeudi 18 octobre, son homologue de la CFDT, François Chérèque, n'en sera pas. Sa Fédération des cheminots sera certes dans la rue, mais pas question pour la confédération de mélanger les revendications.

En fait, chaque syndicat se trouve confronté à des difficultés de stratégie. Débordé sur sa gauche par SUD, notamment SUD-Rail deuxième organisation syndicale à la SNCF, la CGT veut apparaître dynamique dans la mobilisation.

Mais sa Fédération des cheminots n'a pas appelé à une grève reconductible, jeudi, à la différence de SUD, de FO ou de la fédération générale autonome des agents de conduite (FGAAC). Elle menace néanmoins, avec six autres fédérations, d'un nouveau mouvement, éventuellement reconductible, après le 22 octobre. Explication de M. Le Reste : "Les cheminots ne veulent pas s'engager dans une aventure et ne veulent pas s'isoler trop tôt." La CGT ne veut pas non plus s'isoler, alors qu'elle est engagée avec les quatre autres confédérations dans des négociations avec le patronat sur la modernisation du marché du travail ou des discussions avec le gouvernement sur le pouvoir d'achat.

PRÉPARATION DES RENDEZ-VOUS

De son côté, la CFDT craint que sa volonté réformatrice ne puisse déboucher sur des résultats concrets pour les salariés. Son secrétaire général hausse alors le ton. Devant 6 000 militants remontés contre la politique du gouvernement, jeudi 11 octobre, M. Chérèque a clamé : "Nous ne serons pas de faux acteurs réduits à l'impuissance à force de pressions et de provocations ; nous ne serons pas davantage des observateurs passifs et amers en attente de jours meilleurs." Une pierre dans le jardin de la CGT.

Toutes les organisations préparent les prochains rendez-vous. Le dossier de la représentativité et du financement pourrait être ouvert avant la fin de l'année, celui des retraites, la réforme du régime général, arrivera dès le début de l'année 2008, une année qui se conclura par les élections prud'homales.
Rémi Barroux

Pour le PS, la semaine sociale marque la fin de l'état de grâce



PARIS (Reuters) - La semaine sociale qui s'annonce marque "la fin de l'état de grâce" pour le président et le gouvernement, estime le député socialiste de Paris, Jean-Christophe Cambadélis.

Le PS discutera mardi lors de la réunion de son Bureau national de la manière dont il s'associera à la journée de mobilisation des syndicats contre la réforme des régimes spéciaux de retraite jeudi, a-t-il déclaré lors du point de presse hebdomadaire du PS.

"C'est un petit tournant dans le quinquennat, nous ne sommes pas encore dans la disgrâce mais dans la contestation tous azimuts", s'est-il félicité. "Le pouvoir ne se rend pas compte de l'ampleur de la contestation".

Le député parisien a dénoncé "fausses notes" et "fausses pistes" du gouvernement - sur les franchises - ainsi que le "conflit ouvert" entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin à propos d'EADS qui prend une "dimension d'affaire d'Etat qui finit par abimer la France".

"Dans tous les domaines, sur la remise en cause de la carte judiciaire, par exemple, on voit que le gouvernement est confronté à des difficultés multiples, sans compter la plus importante sur le retournement de la conjoncture économique à laquelle la France est confrontée", a-t-il souligné.

"Cette semaine est donc une semaine noire pour le pouvoir, une semaine difficile, une semaine où le mécontentement grandit et où les interrogations s'accumulent dans tous les domaines de la vie publique", a-t-il insisté.

Des revendications tous azimuts le 18 octobre

Outre les grèves attendues dans les transports (SNCF, RATP...), d'autres secteurs vont être touchés par les arrêts de travail. Si la FSU n'a pas lancé de consigne au niveau national, la fédération enseignante appelle néanmoins "les personnels à l'action", ce qui se traduira par des grèves dans certains établissements scolaires. D'autres sont prévues à EDF, GDF, dans la fonction publique, à l'ANPE, aux Assedic, aux impôts, à Air France... Dans plusieurs départements, les cortèges accueilleront des manifestants du privé et les revendications concerneront aussi bien les retraites que le pouvoir d'achat, ou la fusion de l'ANPE et de l'Unedic. Pour la porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, le rendez-vous du 18 octobre prend "l'allure d'une expression globale du mécontentement", dit-elle dans un entretien à Rouge (11 octobre), le journal de la LCR.

sexta-feira, 28 de setembro de 2007

Dominique Strauss-Kahn patron du FMI

L'ancien ministre socialiste, candidat français de l'Union européenne, vient d'être nommé directeur général du Fonds monétaire international. C'est quoi au fait le FMI ?

A 58 ans, l'ancien ministre socialiste devient le quatrième patron français

 |Corbis
Corbis

de l'institution multilatérale basée à Washington. Il succèdera fin octobre à l'Espagnol Rodrigo Rato, démissionnaire pour raisons personnelles.

Soutenu par l'Union européenne, Dominique Strauss-Kahn était en compétition avec Josef Tosovsky, candidat tchèque présenté par la Russie.

Soucieux de ne pas apparaître comme "le candidat du Nord contre le Sud ou des riches contre les pauvres" pour prendre la tête de cette institution en
crise de légitimité, Dominique Strauss-Kahn avait choisi d'attendre au Chili le verdict des 24 membres du conseil d'administration, réunis au siège de l'institution à Washington.

Comment DSK a t-il mené campagne ?
- Il a mis à profit les semaines précédant l'élection pour consolider sa candidature, notamment dans les pays en développement. Il a effectué cet été un quasi tour du monde à la rencontre de ses électeurs, qui représentent les 185 Etats membres.

DSK n'a t-il plus d'ambitions nationales ?
- Avant d'être élu, le rival malheureux de Ségolène Royal aux primaires socialistes en France, s'est engagé à mettre entre parenthèses d'éventuelles ambitions pour la présidentielle française de 2012.

C'est quoi au fait le FMI ?
- Il sert à assurer la stabilité du système monétaire et financier international, c'est-à-dire à prêter de l'argent quand des pays sont en crise, et leur donner des instructions pour se redresser. Des procédures qui ont créé la polémique dans les anciens pays de l'Est et en Argentine.

Comment est choisi son directeur général ?
- Par tradition, les Européens choisissent le directeur général du FMI, alors que les Américains désignent le président de la Banque mondiale, l'institut soeur, elle aussi née après guerre des accords de Bretton Woods.
Par La rédaction du Post

Lionel Jospin égal à lui-même, par Patrick Jarreau

Marta Suplicy e Lionel Jospin em casa, maio 2004

A-t-il décidé d'accompagner la campagne du gouvernement pour l'emploi des "seniors", voire pour l'allongement de la durée de cotisation nécessaire avant de liquider sa retraite ? A 70 ans, le pas alerte et l'esprit clair, Lionel Jospin vient expliquer aux socialistes ce qui leur arrive et à la moitié des Français comment ils ont perdu l'élection présidentielle. C'est un événement.

Chez les socialistes, pour qui l'analyse est aussi importante que l'action, il ne manque pas d'intelligences affûtées. Les réflexions d'un Laurent Fabius, d'un Dominique Strauss-Kahn, d'un Jean-Christophe Cambadélis, d'un François Hollande sont toujours, ou presque toujours, éclairantes et instructives. Aucun pourtant n'atteint la précision, la concision, l'efficacité de l'ancien premier secrétaire. Affaire de goût ? Peut-être, mais pas seulement. Il y va d'une juste appréciation des composantes d'une situation politique. Dans celle que connaît aujourd'hui la gauche et, au-delà, le pays, le livre de Lionel Jospin, intitulé L'Impasse (Flammarion, 142 p., 12 €), pèse.

Ce n'était pas gagné d'avance. Il ne suffit pas de s'appeler Lionel Jospin pour produire un ouvrage qui touche juste et qui aide ses lecteurs à s'orienter. La question est alors de savoir pourquoi il y réussit mieux que d'autres. Et l'on retrouve cette donnée mystérieuse qui fait qu'un responsable politique ne peut dire ce qu'il dit que parce qu'il est là où il est. Sa situation singulière ne limite ni l'authenticité ni la portée de son propos. Elle en est au contraire la condition. Parce qu'il adhère à la position où lui-même et l'histoire l'ont mis, il peut proposer une analyse qui n'est pas seulement ni d'abord un discours de justification.

L'ancien premier ministre revient donc, invariablement, à l'échec - son échec - de 2002 quand il cherche à expliquer celui de 2007. Mais, loin de produire une répétition lassante des reproches qu'il adressa alors à ses alliés, aux socialistes et finalement aux électeurs, il trouve dans ce retour la source d'un renouveau : au lieu de renier ce qu'elle avait fait au gouvernement pendant cinq ans, la gauche aurait dû s'en prévaloir pour démontrer la nullité du bilan de la droite ; les bases d'un socialisme d'aujourd'hui se trouvent dans ce que les socialistes ont accompli de 1997 à 2002. Tout aussi invariablement, le point aveugle de cette démonstration reste la responsabilité personnelle de l'auteur dans la dévalorisation de son action au pouvoir.

S'agit-il d'un règlement de comptes avec Ségolène Royal ? La réponse est oui et non. Même s'il peint, au total, un portrait implacable de la candidate à l'élection présidentielle, ce n'est pas la personne qui est en cause. Lionel Jospin a avec elle un différend politique, et plus encore un différend sur la politique. Les pages consacrées à la campagne électorale explicitent cette opposition davantage qu'elles ne s'attardent sur la conduite ou le caractère de celle qui portait les couleurs du PS.

Le livre est bien plus cruel pour François Hollande, que Lionel Jospin avait choisi, en 1997, pour lui succéder à la tête du parti et qui l'a dirigé pendant dix ans sans parvenir à s'imposer comme un vrai dirigeant. "Le premier dirigeant d'un parti prépondérant dans un régime présidentiel devait, au bout de dix ans, devenir le candidat de son parti - sauf s'il n'était pas devenu vraiment son leader, comme ce fut le cas", résume l'ancien "leader", à la page 118, comme s'il avait hésité longtemps avant de formuler ce constat accablant pour tous les socialistes et pour lui-même.

C'est au fond cette défaillance qui a ouvert l'espace du livre publié aujourd'hui. C'est elle, aussi, qui amène à se demander si Lionel Jospin entend se borner à constater l'absence de leadership au PS, et donc à gauche, ou s'il se propose d'y pourvoir, et dans ce cas comment.

Patrick Jarreau - Le Monde

segunda-feira, 24 de setembro de 2007

Sondage sur la gauche française

BERTRAND DELANOË EFFECTUE UNE PERCÉE

Dans un sondage LH2 pour Libération à paraître mardi, Dominique Strauss-Kahn est jugé comme le meilleur dirigeant pour la gauche. De son côté, Ségolène Royal est en tête parmi les sympathisants de gauche. Avec 27 %, le candidat de la France à la direction du Fonds monétaire international est en baisse de 3 points par rapport à la précédente étude LH2 des 17 et 18 août.

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, effectue une percée. Il s'approche de la popularité de Mme Royal chez l'ensemble des personnes interrogées (12 %, +5). Il double son score chez l'ensemble des sympathisants de gauche (14 %, +7), comme chez les socialistes (16 %, +8).

sábado, 22 de setembro de 2007

Balanço da derrota de Jospin em 2002

As conclusões de meu artigo de 2002, publicado pelo CEBRAP, sobre o governo Jospin e sua derrota em 2002

AONDE VAI FRANÇA?

Ante de tentar estabelecer algumas coordenadas do que pode vir a ser a evolução da situação política na França, gostaria insistir sobre um erro capital, a meus olhos, cometido por Lionel Jospin recusando-se a provocar a ruptura antecipada da coabitação. Novo paradoxo, pois ele queixou-se durante estes anos das limitações impostas pela coabitação e não fazia segredo que aguardava com ansiedade o momento em que poderia ao fim confrontar-se com seu adversário de direita.

Porem Jospin deixa passar uma oportunidade maior na discussão da reforma da justiça para por um termo a coabitação em condições favoráveis para ele e esclarecedoras para a sociedade francesa em seu conjunto.

Os diversos escândalos político-financeiro e as tentativas de abafá-los, tanto nos governos de esquerda como de direita, tinham sensibilizado fortemente a opinião pública sobre a necessidade de cortar o vinculo entre a hierarquia do aparelho judicial e o poder político. Esta ruptura faz parte do programa da Esquerda Plural e também corresponde ás conclusões de um relatório solicitado pelo presidente Chirac a uma comissão independente presidida pela maior autoridade da magistratura francesa .

Após acordo entre o primeiro ministro Jospin e o presidente Chirac, este último conforme as prerrogativas do presidente e a necessidade de mudança na constituição para criar uma justiça independente, decide convocar sessão extraordinária do congresso. Porem, nos dias que precedem o evento os deputados da direita manifestam sua oposição a qualquer reforma do atrelamento do poder judiciário ao poder político. Chirac cede a sua própria base e anula a reforma da constituição; Jospin limita-se a constatar que a direita é contra a independência da justiça.

Naquele momento Jospin podia ter recusado a capitulação de Chirac e apresentado sua demissão. Pondo um fim a coabitação, mostrando que ela não esta acima dos principio éticos e dos compromissos eleitorais, Jospin teria precipitado eleições legislativas ou pelo menos ganho a liberdade, fora do governo, de preparar sua candidatura presidencial.

A França é o país político por excelência. A historia do país mostra que os processos sociais assumem sua forma mais apurada e clássica. A revolução francesa de 1789, a Comuna de Paris, o golpe de estado de Louis Bonaparte criando o bonapartismo (Cesarismo dos tempos modernos) o parlamentarismo da III Republica e até o maio de 1968. Mais visível aparece aqui a relação entre classes sociais, relações de força entre os diversos segmentos da sociedade e sua tradução jurídico institucional representada pelo Estado e suas instituições.

A V Republica outorga ao Presidente eleito pelo sufrágio universal enormes poderes acima do parlamento. É ele que escolhe o Primeiro Ministro e pode exonerá-lo, dispondo do poder de dissolução da Assembléia e de convocar eleições. O Presidente tem a prerrogativa de convocar o congresso para qualquer modificação da Constituição, da qual é o garante. O equivalente das nossas MP, as Ordenanças do governo têm que levar sua assinatura e ele pode recusar-se como fez Miterrand com Chirac na primeira coabitação. O Presidente, em fim, é o comandante em chefe das forças armadas e o representante da nação, em particular no exterior. Ao mesmo tempo a eficiência deste sistema institucional depende da consonância entre o Presidente e a maioria da Assembléia. O governo pode ser mudado, mudando de Primeiro ministro sem modificar a maioria estável no parlamento e preservando assim o presidente Bonaparte da usura quotidiana de governo, intervindo como recurso para o descontentamento popular e preservando em permanência suas próprias prerrogativas acima de qualquer instancia ou julgamento.

Pois bem, para que a V Republica funcione sem atritos maiores a correspondência entre a maioria de direita atual e o Presidente encontra-se estabelecida. Mas a chave das instituições é dada pela legitimidade do sufrágio universal do Presidente e, como tenho explicitado neste artigo, o atual Presidente não expressa verdadeiramente a maioria do país. No lugar de um Presidente forte pela sustentação eleitoral e pelos poderes conferidos pelo povo, temos uma presidencia fraca e rejeitada pela maioria. Isto é valido para a própria representação parlamentar. Paradoxalmente a direita concentra hoje todos os poderes na suas mãos, desde o Conselho Constitucional, o Senado, a Assembléia e a maioria das coletividades locais, nunca ela esteve tão forte no comando das instituições (tal vez equivalente a 1962-65) e nunca ela foi tão minoritária no país real.

Está contradição é portadora de grandes conflitos e de crise. À esquerda, pelo motivo evocado acima, poderá rapidamente voltar ao centro do cenário político, mas isto exigirá um trabalho árduo de refundição política, organizacional e teórica. Pelo lugar majoritário que o Partido Socialista tem no seio da esquerda e pela sua própria historia recente, caberá a ele a responsabilidade principal desta reconstrução de uma esquerda reformadora com vocação de governo e espírito militante.

Como diz em conclusão o editorial do Le Monde já citado: “Pour que ce beau pays qu’est la France, avec toutes les couleurs qui l’habitent et qui forgent déjà son avenir, garde le cap de la raison et du progrès ».

Luis Favre

"L'impasse" : la défaite vue par Lionel Jospin 2

 Fin août 2006, Lionel Jospin à l'université d'été du PS à La Rochelle. | REUTERS/DANIEL JOUBERT

REUTERS/DANIEL JOUBERT
Fin août 2006, Lionel Jospin à l'université d'été du PS à La Rochelle.

La raison fondamentale de l'échec de Ségolène Royal réside en elle-même. Il tient à sa personnalité. Il était inscrit dans son style de campagne comme dans ses choix politiques. La présidente de Poitou-Charentes n'était pas le successeur de François Mitterrand, comme on l'a dit parfois en invoquant l'intensité de leur ambition respective et comme elle-même l'a suggéré. (…) La campagne de la candidate socialiste a fondamentalement souffert d'une carence de politique, dont on peut donner plusieurs signes.

Le temps laissé à la séquence dite de "campagne participative" a été trop long, retardant le moment des propositions et laissant un vide occupé presque entièrement par le candidat UMP. Ce temps de latence était d'autant plus préjudiciable que la phase de démocratie participative était loin de constituer un authentique mouvement de fond. Les réunions auxquelles participait Ségolène Royal elle-même étaient tout sauf spontanées : intervenants choisis, questions préparées à l'avance et connues, comme à Illkirch ou à Valenciennes.

Quant à l'oratrice, elle ne répondait pas aux questions, mais lisait une intervention. De cette mise en scène surgissait l'impression curieuse de questions sans réponses, puis d'une réponse étrangère aux questions. Sans doute les élus et les responsables socialistes ont-ils tenu de nombreuses rencontres participatives dans tout le pays. Mais la vérité oblige à dire qu'elles ne différaient guère des classiques réunions-débats et que les synthèses faites ensuite, difficiles à classer, n'ont finalement pas inspiré le pacte présidentiel. Dans le même temps, nous l'avons vu, Ségolène Royal construisait son projet et sa stratégie politiques sur des écarts insolites par rapport aux fondamentaux de la gauche. Faire un écart peut se révéler fécond. Mais on ne peut progresser d'écart en écart sans risquer le sautillement intellectuel et la perte de sens.

Ségolène Royal a fondé toute sa campagne – et c'était une première dans l'histoire des candidatures socialistes – non pas sur des grands thèmes politiques, mais sur elle-même et la relation particulière qu'elle était censée entretenir avec les Français. Tout a été conçu, méthodiquement, à partir de sondages et d'études qualitatives, pour entretenir ce qu'il faut bien appeler un mythe. Le soin, pour le moins inédit, mis à donner un sens symbolique à son apparence, à se vêtir de blanc, cette proximité proclamée et cette inaccessibilité organisée semblaient conçus pour provoquer ferveur et dévotion et non pas pour obtenir une adhésion réfléchie. A la fin de la campagne, on entendit même d'improbables formules religieuses ("aimons-nous les uns les autres").

De même, à partir d'intuitions plutôt justes sur l'ordre, l'autorité, la valeur travail, des slogans revenaient sans cesse ("ordre juste", "gagnant-gagnant", "désirs d'avenir", "politique par la preuve", etc.), comme si le martèlement des formules pouvait remplacer les analyses et les démonstrations. A la fin, ces expressions employées jusqu'à l'usure donnaient l'impression de masquer un vide de propositions ou de véritables arguments. Ainsi de "l'ordre juste".

La justice, dans la société, ne saurait être conçue comme un état statique et se recherche dans une dynamique. L'"ordre juste" est une formule fermée sur elle-même avec une inquiétante prétention à répondre à tout. C'est un concept simplifiant et illusoire, car il semble vouloir créer une société figée. Comment oser contester un ordre juste ? Cette formule étouffante ne tient pas compte de la complexité et des contradictions du réel.

Je sais qu'il est de bon ton, au nom des techniques politiques dites "de triangulation", de venir sur le terrain du concurrent pour capter une partie de son identité et de ses électeurs. Mais faut-il se laisser fasciner par l'idéologie de l'adversaire ? Nous avons seulement le devoir d'affronter la réalité, en l'espèce celle de l'insécurité – qui, elle, n'est pas de droite ou de gauche – pour y faire face avec nos valeurs, nos méthodes et nos mots.

Voir les autres chapitres publiée par le Monde

Sobre a derrota de Jospin em 2002

Como Lionel Jospin em seu livro volta a analisar as razões de sua derrota em 2002, me permito reproduzir a seguir uma parte do meu artigo sobre aquela derrota publicado pelo CEBRAP em 2002. LF

AS LIMITAÇÕES DA ESQUERDA PLURAL

A constituição da esquerda plural e sua ação de governo durante cinco anos permitiu uma convergência bem mais consistente que a simples assinatura de um documento de intenções programáticas, como fora o caso com o Programa Comum da defunta União de Esquerda.

Durante cinco anos, com poucas divergências e atritos, Socialistas, Comunistas, Verdes e Radicais de Esquerda, governaram aportando respostas a os problemas e desafios confrontados pelo Estado francês. Certamente estas respostas foram insuficientes em diversas áreas, provocando ás vezes debates e incompreensões. Mas, indiscutivelmente, a esquerda agiu unida no governo e votou unida no parlamento.

Em contrapartida, nenhum processo de unificação ou de consolidação de maneira estruturada desta frente unida foi encaminhado. Nem sequer a questão da escolha eventual de um candidato único da esquerda governamental, baseado no balanço positivo de cinco anos de governo conjunto e de perspectivas para o país, foi cogitado.

Apesar de ter sido evocada, no período 1993-1994, a questão da reconstituição da “casa comum” entre Socialistas e Comunistas, em uma espécie de Congresso de Tours ao contrario, a idéia é deixada de lado. O critério que persiste entre os dirigentes da esquerda é que uma união maior abriria espaço para uma extrema-esquerda refratária a qualquer unidade, mesmo o de desistir-se no segundo turno em favor da esquerda.

Enquanto a direita experimentava listas comuns nas eleições municipais de 2001, com dificuldades e divisões é verdade; a esquerda plural limita-se a acordos pontuais de repartição eleitoral, desistência recíproca e governo conjunto.

Os resultados negativos das eleições municipais para a esquerda, ocultados pelas vitórias de Paris e Lyon, eram um alerta sobre os humores do corpo eleitoral e de rejeição da coabitação. Alem das abstenções, o voto em favor da extrema-direita e da extrema-esquerda confirma o descontentamento dos setores excluídos e de parte das camadas populares. Em tanto Jospin se recusa a apreciar estes resultados em toda sua dimensão e persiste em manter o rumo, preservando a coabitação até o fim.

Resulta paradoxal que seja após a derrota nas eleições presidenciais que a esquerda tenha decidido criar listas comuns da “Esquerda Unida” e ainda assim exclusivamente nas circunscrições em que a forte presença da extrema-direita punha em risco sua passagem para o segundo turno.

Não menos paradoxal é o fato que o estado maior das três formações de esquerda tenha fechado um acordo, com repartição de circunscrições, para ás eleições legislativas e isto antes do primeiro turno das presidenciais. Ao mesmo tempo ninguém alertará sobre a necessidade de uma candidatura unitária que possa garantir uma dinâmica de vitória já no primeiro turno das eleições presidenciais, que por decisão de Jospin, precediam de alguns dias ás legislativas.

Após a eliminação de Jospin no primeiro turno, o diretor do Le Monde constata amargamente em editorial:
“O terremoto político deste primeiro turno da eleição presidencial tem, no plano estritamente eleitoral, uma única causa: a dispersão, absurda, da esquerda. Esta, considerando exclusivamente os “moderados”, ou incluindo a extrema-esquerda, não recua de um escrutínio presidencial para outro; ao contrario da direita moderada que perde cinco a dez pontos em relação aos escrutínios precedentes. (...)
“A esquerda foi vitima de ela mesma e do espírito estreito dos seus dirigentes em seus diversos componentes que preferiram se desmarcar e criticar Lionel Jospin e seu balanço. Foram ouvidos. Mas não era fatal que assim acontecesse. Faltaram simplesmente dirigentes a altura do que estava em jogo” (Le Monde 22 de abril 2002 editorial La blessure, Jean-Marie Colombani).

"L'impasse" : la défaite vue par Lionel Jospin

Lionel Jospin, le 21 avril 2002, après l'annonce des résultats du premier tour à la présidentielle. | AFP/JACK GUEZ
AFP/JACK GUEZ
Lionel Jospin, le 21 avril 2002, après l'annonce
des résultats du premier tour à la présidentielle.



Silencieux durant la campagne présidentielle, Lionel Jospin sort de sa réserve. Dans "L'impasse", il livre un cinglant diagnostic de la défaite de mai 2007. En exclusivité, "Le Monde 2" publie de larges extraits de cet essai à paraître le 24 septembre.

La crise électorale de 2002 résulte avant tout de l'écroulement de la construction politique de la gauche plurielle, faite à la fois de synthèses et d'alliances. Cette construction avait son sens et son efficacité. A partir du moment où ses composantes ne la défendaient plus et dénigraient son action, elle perdait sa force d'attraction auprès des Français et celui qui l'incarnait se trouvait affaibli pour aller plus loin.

Quant à la conduite de la campagne de 2002, je n'écarte évidemment pas ma propre responsabilité. Je l'ai d'ailleurs assumée. L'erreur la plus grave est sans doute d'avoir sous-estimé l'effet de la dispersion de la gauche au premier tour. Peut-être avais-je du mal à comprendre le cynisme, finalement suicidaire, de ministres de gauche qui, après avoir gouverné des années à mes côtés, se sont retournés contre moi au premier tour.

D'autre part, j'ai mal pris la mesure des effets de cinq ans de cohabitation. En politique étrangère, la France avait parlé d'une seule voix. En politique intérieure, le président s'était exonéré de toute responsabilité effective, tirant bénéfice des réussites de notre action et m'attaquant à la moindre difficulté. J'ai aussi surestimé le bénéfice du bilan de mon gouvernement. Bilan solide si on le compare à celui de la droite en 2007, mais forcément contrasté. En tout cas le désastre était là. (…)

Une nouvelle candidature de ma part n'aurait été concevable que si un consensus s'était opéré. Je devinais que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn avaient peu de chances de s'imposer face à Ségolène Royal, très déterminée et propulsée d'emblée par les sondages et les médias, mais leur maintien dans la course excluait ma propre présence.

D'ailleurs, pour avoir la possibilité de l'emporter dans le vote des adhérents – dont le nombre avait été habilement grossi par une campagne d'adhésion au prix modique de 20 euros –, il aurait fallu mener une critique démystificatrice du personnage de Ségolène Royal et de sa conception de la politique. Une telle démarche n'aurait pas été sans risque dans le climat interne tendu de l'époque. Au bout du compte, le caractère académique des débats organisés entre les trois candidats déclarés n'a pas permis que la vérité de chacun apparaisse, ni que soient pensées les lignes de force d'une campagne victorieuse. (…)

segunda-feira, 17 de setembro de 2007

France: Le subtil passage de témoin de Lionel Jospin à Bertrand Delanoë


Il était venu disserter sur le thème "les socialistes et la mondialisation". Mais devant ses fidèles, à la tribune de la salle des Cordeliers, dimanche 16 septembre, Lionel Jospin a abordé un sujet plus délicat encore : les socialistes et le congrès de 2008.

"Le PS a grand besoin d'être au clair dans son rapport au monde, à la réalité française et à lui-même", a professé Lionel Jospin, excluant l'idée d'un "congrès transitoire". "Il ne serait pas sage de le concevoir comme tel, car c'est maintenant que le Parti socialiste a des difficultés, et c'est maintenant qu'il doit y répondre", a insisté l'ancien premier ministre.

Il s'agit d'une pierre lancée dans le jardin de François Hollande. Celui-ci suggère que son successeur assure une transition et s'efface devant le ou la candidate socialiste pour 2012.

Pour M. Jospin, ce n'est qu'un début. Le 24 septembre, il publiera chez Flammarion un ouvrage au titre éloquent (L'Impasse) dans lequel il s'en prend de manière véhémente au premier secrétaire et, plus encore, à Ségolène Royal, "candidate qui était la moins capable de gagner". M. Jospin relègue cette dernière au rang de "figure seconde de la vie politique", considérant qu'elle "n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" pour prendre la tête du PS.

Ce retour de Lionel Jospin devant les siens avait aussi des allures de passage de témoin à Bertrand Delanoë. Porté par les sondages, le maire de Paris fait figure de candidat possible à la succession de l'actuel premier secrétaire.

"NOUS N'AVONS PAS DE LEADER"

Une évidence que les jospinistes se sont efforcés d'atténuer. "Bertrand Delanoë est l'un de ceux qui, demain, peut s'imposer mais à la condition qu'ait été définie une ligne majoritaire dans le parti", insistait Daniel Vaillant, député de Paris et fidèle de Lionel Jospin. "Nous n'avons pas de leader : nous sommes un collectif qui souhaite proposer des débats de fond", renchérissait Annick Lepetit, elle aussi députée de Paris, en marge des discussions.

Evoquer la question du leadership aurait gâché cette journée destinée à marquer la volonté d'un courant d'explorer les terrains de convergence avec d'autres sensibilités, elles aussi en quête d'alliances. Nombre de dirigeants strauss-kahniens, fabiusiens, mais aussi "hollandais" ou rénovateurs et quelques partisans de Ségolène Royal étaient présents dans la salle des Cordeliers, archicomble.

Invité à tirer les conclusions de cette studieuse journée, Bertrand Delanoë a rendu hommage à son mentor mais choisi d'adresser des piques moins acérées contre l'actuel patron du PS et l'ancienne candidate. "La confusion idéologique et le fait de faire plaisir à tout le monde, on a déjà essayé ; ça n'a pas marché", a-t-il dit.

Jean-Michel Normand pour Le Monde

France: Ségolène Royal: «Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font»



L'ancienne candidate socialiste a emprunté à la parole biblique pour répliquer à Lionel Jospin qu'elle accuse de «racisme».

Par
Ludovic Blecher

Comme Jésus sur la croix. «Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font», a répliqué lundi Ségolène Royal à ses détracteurs du Parti socialiste, y compris Lionel Jospin, qui a mis en doute les «qualités humaines» et les «capacités politiques» de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle. Empruntant à la parole biblique, la candidate malheureuse à la présidentielle a lancé depuis Québec où elle effectue un voyage officiel: «Au fond ce qui me vient à l'esprit c'est peut-être cette parole de la Bible “pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font”. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche».

Ségolène Royal entamait lundi une visite de quatre jours au Québec, son premier grand déplacement à l'étranger depuis sa défaite à la présidentielle. Mais elle a été rejointe par la polémique en France née de la parution dans Libération d'extraits d'un livre à paraître de Lionel Jospin dans lequel il critique vivement l'ancienne prétendante à l'Elysée.

Dans ce livre, Lionel Jospin affirme que Ségolène Royal n'avait pas «les qualités humaines» ni «les capacités politiques» pour diriger le Parti socialiste lors de la prochaine présidentielle. «Je crois aussi malheureusement qu'il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j'en suis moi-même surprise, je pense qu'il s'apparente au racisme», a réplique Ségolène Royal. Et d'ironiser: «J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive. Heureusement que nous sommes à cette époque».

«Le livre de Lionel Jospin vise à éliminer Ségolène Royal»



Pour le directeur de Libération Laurent Joffrin, la charge contre l'ex-candidate socialiste à la présidentielle que s'apprête à publier Lionel Jospin a pour objectif de «promouvoir Bertrand Delanoë» à la tête du parti.


Libération

France: Le PS aligne Jospin

Hollande, Montebourg, Ayrault ont déploré la charge anti-Royal de l'ancien Premier ministre, estimant que l'échec de mai était collectif. «Libération» a publié des extraits de son livre «l'Impasse», où il dénonce les «insuffisances réelles» de l'ex-candidate.

Par REUTERS, AFP
LIBERATION.FR : lundi 17 septembre 2007


Les vives attaques de Lionel Jospin contre «l'illusion» Ségolène Royal ont semé le trouble lundi chez les socialistes. Le premier d'entre eux, François hollande, a appelé à en finir avec «les règlements de compte». «Le débat sur la campagne peut avoir lieu, toujours. Mais je pense que les socialistes doivent regarder vers l'avenir pour tirer toutes les leçons de ce qui n'a pas marché. Cela ne se réduit pas à des questions de personnes», a déclaré le premier secrétaire du PS à son arrivée à la Maison de la Chimie, à Paris, où les socialistes tiennent leur journée parlementaire.

Dans son livre L'impasse, dont nous avons publié des extraits, Lionel Jospin estime que la candidate socialiste défaite à la présidentielle «n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle».

Pour François Hollande, l'échec face à Nicolas Sarkozy, troisième défaite présidentielle socialiste consécutive, est collectif. «Si nous n'avons pas été compris des Français, c'est parce que nous n'avons pas été suffisamment précis, concrets, rectifie l'ancien compagnon de Ségolène Royal. Nous n'avons pas saisi ce qui était attendu de nous, nous n'avons pas été suffisamment convaincants les uns et les autres.» Et de tenter d'apaiser le climat : «Je suis déterminé avec tous les socialistes dans un esprit d'unité à faire en sorte que nous ne passions pas toujours notre temps tournés vers le passé».

Arnaud Montebourg, lui, a été plus virulent. L'élimination de Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 devrait inciter ce dernier, selon l'ancien porte-parole de Royal, «à plus de modestie, de délicatesse dans la critique. Nous pourrions retourner à Lionel Jospin, qui est un des nos grands sages, un certain nombre de critiques». Gilles Savary, qui fut également porte-parole de la candidate socialiste, a jugé que cet ouvrage «déshonore» Lionel Jospin et représente «une offense aux 16,7 millions de Français qui ont voté pour Ségolène Royal au 2ème tour. (...) Il est inspiré à l'évidence par une haine irrationnelle sur fond de rancœur personnelle.»

Enfin, parmi les parlementaires réunis par François hollande, certains déplorent ouvertement cette charge jospinienne. «Si tous les mois, on remet un euro dans la machine, on ne va pas s'en sortir. C'était une parole qui était attendue, elle est connue. Ce n'est pas Ségolène Royal seule qui explique qu'on ait perdu. Si on devait s'arrêter à cela, ce serait une contribution incomplète», a estimé Benoît Hamon, secrétaire national du PS. «La rénovation du parti, ce ne sont pas seulement des règlements de compte entre amis, des amertumes qu'on ressasse», a réagi le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, en regrettant que ces «polémiques» ne «facilitent pas le travail des socialistes».

France: Jospin flingue Royal

Dans un livre que «Libération» s’est procuré avant sa parution, l’ex-Premier ministre charge la candidate socialiste défaite à la présidentielle.
Par PAUL QUINIO


«N’allons pas plus loin.»
S’il fallait choisir une phrase pour résumer le livre l’Impasse, que Lionel Jospin s’apprête à publier le 24 septembre chez Flammarion (1) et que Libération s’est procuré (lire ci-dessous), ce serait celle-là. Elle surgit après 88 pages d’une charge ininterrompue, sonne comme une ultime piqûre venimeuse de rappel contre «une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle». C’est évidemment de ­Ségolène Royal dont parle l’ex-Premier ministre, dont l’obsession manifeste au fil des lignes est de démonter ce qu’il considère être «un mythe», de dénoncer une candidature-créature des sondages et des médias, une erreur de casting, «une candidate qui était la moins capable de gagner», et, surtout, «une illusion» qui ne doit pas se prolonger.

Car l’objectif de l’Impasse est bien d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée. Car, selon Jospin, malgré son aplomb et son courage, Royal, «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques.

Cible.
Lionel Jospin n’est pas le premier socialiste à attaquer en librairie Ségolène Royal. La rentrée politique chez les socialistes a même été une sorte de compétition pour figurer en tête de gondole des meilleurs pamphlets antiroyalistes. Mais Jospin n’est ni une caricature à la Claude Allègre ( la Défaite en chantant, chez Plon), ni un graphomane post­défaite à la Marie-Noëlle Lienemann ( Au revoir Royal, chez Perrin), pour ne citer que deux ouvrages déjà parus et prenant pour cible l’ex-candidate.

Lionel Jospin a été un premier secrétaire important du PS, un Premier ministre performant pendant cinq ans et deux fois candidat à l’Elysée. Flirtant avec un succès surprise en 1995. Sombrant sept ans plus tard, un certain 21 avril. Autant dire qu’il reste une fi­gure historique du socialisme à la française, avec ses succès, son échec, dont l’avis continue de peser très lourd. «J’ai quelques titres [à m’exprimer] sans détour», écrit-il dans son introduction, en rappelant au ­passage son CV de seul leader socialiste avec François Mitterrand à avoir conduit la gauche à la victoire depuis cinquante ans. Assurant, toujours en introduction, écrire «en homme libre», pas animé par l’ambition, mais juste inquiet pour l’avenir de son parti, Jospin, comme souvent, se drape derrière «le devoir» pour justifier sa décision «de dire franchement» tout le mal qu’il pense de Royal. L’ancien Premier ministre assume d’autant plus la violence de sa charge qu’il estime avoir voulu, en n’écartant que tardivement l’idée de sa propre candidature, tirer la sonnette d’alarme et manifester sa «crainte». En vain.

Critique.
Mais au fait, que lui reproche-t-il au juste ? Passons d’abord sur les précautions d’écriture dont use Jospin pour se défendre de toute misogynie. Il aurait pu s’en passer. D’autant qu’elles fournissent l’occasion de s’interroger sur l’utilisation, façon lapsus, d’un savoureux imparfait : Ségolène Royal, à ses yeux, n’était pas en mesure de l’emporter, «non pas parce qu’elle était une femme, mais parce que j’avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles». Femme, Ségolène l’est toujours, Lionel. Et toujours vivante…

Retenons plutôt la critique sur la mise à distance par Ségolène Royal du PS. C’est, pour Jospin, «une lourde erreur, pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique», tant les partis, avec leurs défauts, sont indispensables à la vie démocratique. Jospin argumente son propos en dénonçant le statut de victime des éléphants sur lequel a surfé la candidate. Il en veut à Royal d’avoir alimenté un discours antiélus et antiélites, «leitmotiv [qui] appartient d’habitude à l’extrême droite ou aux mouvements populistes». Il brocarde les jurys citoyens chers à Ségolène Royal, fait la différence entre sa version «démagogique» de la démocratie participative et la pratique des conseils de quartiers de son ami Bertrand Delanoë (lire ci-contre) à Paris. Il reproche à l’ex-candidate ses inspirations sur la carte scolaire ou la sécurité, peu en phaseavec les valeurs classiques de la gauche, et qui relevaient plus à ses yeux de «l’art de communiquer que de celui de gouverner».

Une fois désignée, Ségolène Royal aurait commis l’erreur, «enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion», de refuser la confrontation «sur le fond» avec son adversaire principal, Nicolas Sarkozy. Sur l’identité nationale, ses captations d’héritage (Blum, Jaurès…) ou son discours sur la valeur travail. L’aurait-elle voulu qu’elle n’aurait pas pu, tant, pour Lionel Jospin, l’ex-présidente de la région Poitou-Charentes a démontré depuis son entrée dans la vie politique peu d’appétit et de «talent» pour le débat d’idées et la controverse .
L’auteur ressert là encore la comparaison, défavorable, avec François Mitterrand. L’une se serait abîmée dans la médiatisation. L’autre «aimait d’abord, vivement, la politique et ses enjeux». Et, à la veille de l’échéance, estime Jospin, bien malin qui aurait pu connaître le point de vue de la candidate socialiste sur les grands problèmes du pays, moins encore sur ceux du monde. Parmi les exemples surlignés des «improvisations» royalistes : le voyage en Chine et «les propos de touriste» de la candidate sur la justice chinoise.

Au final, c’est à l’absence de crédibilité de la candidate sur le fond que s’en prend l’auteur, à sa volonté d’aller sur le terrain idéologique de l’adversaire, à sa manière de mettre en scène, seule au monde, sa soi-disant relation particulière avec les Français.

Mais l’Impasse ne serait pas un livre 100 % jospino-jospiniste sans un dernier reproche : Royal ne s’est pour l’auteur pas suffisamment appuyée sur les succès des années… Jospin. Pour lui, il aurait été pertinent de vanter les mérites de la période 1997-2002 et «de la prendre comme un socle, pour aller plus loin», pour soutenir la comparaison avec les gou­vernements Raffarin et Villepin, dont Sarkozy était un ­ministre emblématique. «Ségolène Royal n’a pas fait ce choix. Par hostilité à mon égard ? Je ne saurais le démêler», s’interroge Jospin. Royal, elle, pourra démêler l’hostilité de l’auteur sans difficulté.

(1) L’Impasse de Lionel Jospin, Flammarion (coll. Café Voltaire), 142 pages, 12 euros.