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quarta-feira, 20 de junho de 2007

Le Pen reçu à l'Elysée pour la première fois depuis plus de trente ans

Jean-Marie Le Pen a été reçu, mercredi 20 juin, pendant une demi-heure par le président de la République, Nicolas Sarkozy, à l'Elysée, ce que le président du Front national a dit considérer comme un "geste démocratique".

Selon le service de presse du Front national, c'est la première fois sous la Ve République – à l'exception des deux intérims d'Alain Poher en 1969 et 1974 – que le dirigeant d'extrême droite est reçu au palais présidentiel. Le chef de l'Etat l'a reçu dans le cadre de ses consultations des partis politiques avant le conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles. "Nous nous sommes entretenus de ses projets européens, je lui ai dit ce qu'il savait déjà de nos profondes divergences sur ce sujet", a déclaré le leader d'extrême droite. Suite...

domingo, 10 de junho de 2007

La majorité présidentielle plébiscitée, le nouveau calendrier électoral sanctionné

Une élection sanctionnée. Après avoir frôlé le record de la participation à une élection présidentielle il y a un mois, la France enregistre un record absolu d'abstention pour une élection législative sous la Ve République. Après l'engouement des électeurs pour le débat public qui a marqué la campagne présidentielle de 2007, il serait cependant excessif de parler de désaffection démocratique ou de crise civique. Ce sont les "nouvelles élections législatives" que les électeurs ont sanctionnées en s'abstenant massivement. Avec la réforme du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral, ces élections qui se tiennent dans la foulée de l'élection présidentielle sont désormais ressenties comme une formalité destinée à donner une majorité au gouvernement.


Pour la droite, l'amplification de la présidentielle. Nicolas Sarkozy est assuré de disposer d'une large majorité. Avec un score d'environ 43 %, l'UMP et ses alliés (40,9 % pour l'UMP et 2,2 % pour le Nouveau Centre) remportent une large victoire en voix qui amplifie considérablement le score de leur candidat au premier tour de la présidentielle (31,2 %). C'est à la fois la traduction de l'état de grâce qui a caractérisé les premier pas du nouveau président, la confirmation d'un choix cristallisé à l'occasion d'une très longue campagne et l'amplification logique de sa victoire liée au mode de scrutin majoritaire. La popularité de Nicolas Sarkozy depuis son élection combinée à sa stratégie d'occupation tous azimuts de l'espace politique dès les premiers jours de sa présidence ont rencontré dans l'opinion un accueil favorable que les résultats du premier tour viennent confirmer. La passion et l'intérêt qui ont accompagné la longue campagne pour l'élection présidentielle autour des projets des candidats ont surtout permis aux électeurs d'effectuer un vrai choix politique ; la cristallisation issue de ce processus ne pouvait être remise en cause à l'occasion de ces élections législatives.

La gauche historiquement faible.
Avec un total de 36 % des voix, la gauche parlementaire (PS-PC-Verts et divers gauche) se situe paradoxalement à un niveau très faible pour des élections législatives mais améliore néanmoins de près de 7 points son score par rapport au premier tour de la présidentielle (29,1 % pour le total des voix de Royal, Buffet et Voynet). Le Parti communiste, avec 4,5 % (contre 1,9 %), fait la meilleure opération grâce à sa bonne implantation locale. Le Parti socialiste, avec un score de 28,5 %, améliore très légèrement le score de Ségolène Royal (25,9 %) mais se situe proche de son résultat aux législatives de 2002, qui avait suivi le séisme du 21 avril 2002 (28 % des suffrages exprimés). Stable voire en léger progrès électoralement, mais défaite politiquement, la gauche parlementaire profite naturellement du mode de scrutin majoritaire qui marginalise les petits courants mais subit la vague bleue qui accompagne la victoire de la droite à la présidentielle. Elle est handicapée par un niveau global historiquement faible : avec 39 % – en comptant l'extrême gauche – contre 36 % à la présidentielle de mai, la gauche aborde en position défavorable le second tour et les prochaines échéances, se trouvant contrainte de composer avec un centre qui même faible lui barre désormais la route à toute victoire sans une nouvelle définition de sa ligne et de ses alliances.

Le Modem, siphonné mais vivant.
Avec 7 % des suffrages exprimés pour le MoDem, François Bayrou échoue en partie à implanter dans le paysage politique l'existence d'un centre autonome. Son faible enracinement local et la logique majoritaire des législatives lui interdisent de jouer le rôle de troisième force que son score à l'élection présidentielle faisait miroiter (18,7 %). En cinq semaines, le Mouvement démocrate a perdu près de cinq millions de voix par rapport au socle électoral du candidat béarnais, dans un scrutin certes moins mobilisateur et difficile pour une formation émergente. Preuve que le succès de Bayrou ne résidait pas seulement dans son positionnement mais aussi dans une équation personnelle que les candidats fraîchement investis du MoDem n'ont pas su imposer dans leur circonscription respective. Faute de trouver une traduction en sièges parlementaires, l'influence de François Bayrou sur la vie politique au cours des cinq prochaines années sera limitée. Il devra trancher l'aporie d'une ligne autonome dans un paysage fortement polarisé qui profite à un homme lors de l'élection présidentielle mais qui n'assure pas d'élus dans sa foulée. En revanche, sa présence électorale, faible mais réelle, reste une force de nuisance surtout pour la gauche, qui se doit de trouver une solution à son existence comme la droite avait dû le faire à propos du Front national.

Le Front national étranglé.
La rebipolarisation du paysage politique et l'accentuation de la victoire de l'UMP ont fait une autre victime : le Front national, qui recule de plus de cinq points par rapport au score de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle, recueillant son résultat le plus faible depuis sa percée électorale au milieu des années 1980. Le voilà ramené à des scores jamais enregistrés depuis plus de vingt ans, qui confirme l'essoufflement de la dynamique Le Pen. Le FN est certes habitué aux reflux liés au système majoritaire : à chaque législative, il perd environ un tiers de ses suffrages. Aujourd'hui il perd la moitié de son socle présidentiel, se repliant sur le noyau dur de l'extrême droite (Tixier-Vignancourt avait obtenu 5 % des voix à l'élection présidentielle de 1965). Le résultat de Nicolas Sarkozy le 22 avril avait contenu Jean-Marie Le Pen. La domination de l'UMP étrangle aujourd'hui le FN.

Philippe Chriqui et Pierre Christian, expression-publique.com pour lemonde.fr

sexta-feira, 8 de junho de 2007

Présidentielle 2007 : les leçons d'une victoire

Le Monde

M. Sarkozy est parvenu à réunifier les droites françaises


Nicolas Sarkozy a été choisi par 18 983 138 électeurs (53,06 % des suffrages exprimés, 42,68 % des électeurs inscrits) au second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai, avec 2 192 698 voix d'avance sur sa rivale socialiste (soit une avance de 6,12 % des suffrages exprimés et de 4,93 % des inscrits). Cette victoire nette a entraîné une dynamique politique sensible à la fois dans l'ouverture politique du gouvernement Fillon, la popularité de la nouvelle équipe au pouvoir et des mesures qu'elle avance et, enfin, la forte majorité législative que laissent présager les sondages à l'issue de la consultation des 10 et 17 juin.


Les principaux éléments explicatifs de cette étonnante dynamique sont à chercher dans l'analyse du moment fondateur qu'a été la victoire électorale du 6 mai. Celle-ci a été d'une ampleur peu commune, elle s'est fondée sur une capacité à unifier au fond des urnes toutes les droites, à en dépasser ensuite les limites pour renouer, au-delà des décennies, avec la dimension syncrétique du gaullisme.

Une forte victoire. L'ampleur de la victoire est évidente au regard des affrontements passés entre gauche et droite au second tour de l'élection présidentielle sous la Ve République. Le niveau atteint par Nicolas Sarkozy est le deuxième meilleur niveau atteint par un candidat de droite face à un candidat de gauche : seul Charles de Gaulle, avec 55,20 % des suffrages, avait fait mieux en 1965. Cette large victoire, qui peut donner l'impression que le sarkozysme électoral renoue avec certaines des caractéristiques du gaullisme électoral, a été construite par une étonnante dynamique sensible dès le premier tour de l'élection présidentielle et qui s'est amplifiée au second.

L'unification des droites. Au premier tour, avec 31,18 % des suffrages, le candidat de l'UMP reprend pied au coeur du dispositif électoral des droites, alors que, depuis 1974, le candidat du gaullisme ou de son héritage oscillait entre 15,11 % (Jacques Chaban-Delmas en 1974) et 20,84 % (Jacques Chirac en 1995). Cette émancipation par rapport à une droite néo-gaulliste condamnée à n'attirer jamais plus que le cinquième des électeurs du premier tour a constitué la base de la dynamique sarkozyste. Ce passage d'un cinquième à presque un tiers de l'électorat s'est fait grâce à une captation d'une partie non négligeable des électeurs de l'UDF et à une conquête massive d'électeurs du Front national. Dès le premier tour, Nicolas Sarkozy est au centre d'une coalition des droites allant du centre droit à la droite extrême en passant par la droite néo-gaulliste. Il parachèvera cette coalition au second tour en s'attaquant à ce qui reste du lepénisme électoral et aux nouveaux adeptes du centrisme autonome de François Bayrou. Comment Nicolas Sarkozy est-il passé de 11 448 663 voix au premier tour à 18 983 138 au second, soit une progression de 7 534 475 voix ? Suite...